Élie MANDEL

Élie Mandel est né le 2 juin 1915 à Rouen. Ses parents, Aron et Bella Mandel ont tous deux émigré des pays de l'Est et se marient en 1907. Ils ont trois enfants : Élie, qui est le plus jeune, Solange et Germaine. Élie s'oriente vers la médecine mais ses études sont finalement interrompues après la reddition de la France au cours de la Seconde guerre mondiale. En effet, certaines lois restrictives concernant les Juifs sont mises en place dont une les privant d'étudier. Malgré tout, il réussit tout de même à valider son diplôme à Toulouse. Par la suite, il exerce à l'hôpital de Châteauroux, dans l'Indre. Ne pouvant pas travailler en tant que médecin de par son "statut juif", il se fait passer pour brancardier (assistant transportant les malades) mais remplit, en réalité, la fonction de médecin. 

Une nuit de novembre 1943, une rafle visant les Juifs de la région a lieu. Élie en entend la rumeur et tente de prévenir ses deux soeurs ainsi que leurs familles. En effet, celles-ci résident ensembles dans la région, au village de Charost. La police française chargée de la rafle débarque finalement chez elles cette nuit là et ce fut Élie qui prit la responsabilité d'ouvrir la porte. On ne sait pas réellement ce qu'il a pu dire à ces hommes mais, il est arrêté et sauve ainsi ses proches. 

Il est tout d'abord interné dans la prison de Châteauroux puis transféré au camp de Drancy. De Drancy, il écrit de nombreuses lettres à ses soeurs, se montrant toujours très optimiste et ne laissant en rien paraitre son inquiétude et son angoisse. À travers ces lettres, on découvre un jeune homme fort mais également extrêmement sensible : il pense beaucoup à ses neveux, il est très préoccupé par l'avenir de ses proches. Quelques semaines plus tard, il est emmené à Auschwitz à bord du convoi n°64 comme 999 autres prisonniers. Le train arrive au camp le 10 décembre 1943. Au vu de son jeune âge, Élie est sélectionné pour le travail et réussit à survivre pendant un long moment malgré les conditions inhumaines des camps. Malheureusement, il perd la vie en janvier 1945 lors d'une Marche de la Mort, alors que les nazis fuyaient et tentaient d'emmener vers l'Est les derniers survivants.


Merci à Sam et Martine Papiernik pour leurs précieuses informations ainsi que la photo

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.