Samuel KANDEL


Samuel Kandel est né le 15 mai 1893 à Minsk, capitale de l'actuelle Biélorussie. En 1917, il quitte son pays natal pour la France et perd progressivement tout contact avec sa famille. Il s'installe à Paris, dans le 3ème arrondissement, au 24 rue Rambuteau, et exerce la profession de casquettier (ouvrier spécialisé dans la production de casquettes).

Il rencontre alors Idessa, une jeune femme d'origine polonaise, qu'il épouse et avec qui il a trois enfants : Jacques né en août 1924, Raymonde née en 1925 et Denise née en 1935. C'est d'ailleurs en 1935 également que les deux époux obtiendront finalement leur nationalité française.

La guerre finit par éclater puis la reddition est signée en 1940. C'est alors que les premières mesures antisémites sont mises en place. Chaque jour, elles se montrent de plus en plus fermes et de nombreux Juifs tentent de les fuir en déménageant vers le Sud. Ce n'est pas le cas de Samuel et de sa femme qui refusent de partir. Ils envoient seulement leur plus jeune fille, Denise, chez ses grands-parents dans la Creuse.

Le 30 novembre 1943, ils sont arrêtés à leur domicile. Jacques et Raymonde parviennent à se cacher dans un escalier de service et échappent ainsi à l'arrestation. Ils rejoindront, par la suite, leurs grands-parents et leur petite soeur dans la Creuse.

Leurs parents, eux, sont emmenés à Drancy où Samuel porte le matricule 9565. Ils y passent un peu plus d'une semaine avant de voir leurs noms inscrits sur la prochaine liste de départ vers l'Est.

C'est ainsi que le 7 décembre 1943, aux alentours de 12h, ils sont entassés avec près de 1000 autres malheureux dans des wagons à bestiaux.

Après un voyage de trois jours, ils arrivent finalement à Auschwitz. Samuel est sélectionné pour le travail et on lui tatoue un nouveau matricule sur le bras : le numéro 167563.

Il travaillera à Monowitz (sous-camp d'Auschwitz et principal camp de travail), probablement dans les usines d'IG Farben. Le 20 décembre, probablement à cause des terribles conditions de vie, il est une première fois envoyé à l'infirmerie du camp. Il y reste trois jours avant d'être renvoyé au travail. Mais très peu de temps après, le 28 décembre, il y retourne. Cette fois-ci, il reste plus d'un mois à l'infirmerie mais survivra puisque le 1er mars 1944, il est à nouveau envoyé travailler.

Le 11 mai 1944, il sera finalement transféré au camp de Birkenau, probablement pour être mené aux chambres à gaz.

Samuel et sa femme ne sont jamais revenu d'Auschwitz mais leurs enfants, qui réussirent à échapper à la déportation, survécurent.


Merci à Sylvie Kandel pour les informations et les photos qu'elle a bien voulu me transmettre

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